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 L'ombre d'une guerre

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Diabolo
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MessageSujet: L'ombre d'une guerre   21.04.09 19:53

Je m’appelle Aviva, et je suis une juive française. J’écris cette histoire pour des raisons personnelles : Je tiens à m’en souvenir. Si vous veniez à tomber sur cet ouvrage, lecteur, ce serait un pur hasard, car je ne compte pas distribuer ce texte. Sachez qu’il concerne une des périodes les plus noires que l’humanité ait jamais connue. Libre à vous de le lire ou non.

Aviva Cohen

Printemps-Été 1940

Je me souviens encore de notre belle maison en Île-de-France, du jardin, et de notre famille heureuse. Mais tout cela a changé.

La grande Allemagne, alors dirigée par le Fürher, Adolf Hitler, attaqua la France, non par la ligne Maginot où on attendait ses armées, mais en détruisant la forêt des Ardennes. La France fut vaincue en quelques semaines à peines.
Le maréchal Pétain avait signé l’armistice avec les allemands. J’avais alors 11 ans, et la situation m’importait peu. D’ailleurs, je n’y comprenais pas vraiment grand-chose.

La France fut soudainement coupée en deux, le gouvernement partit s’installer à Vichy. Nous nous trouvions dans la zone occupée, dans les environs de Paris. Lorsque je demandais à mon père ce que « zone occupée » signifiait, il me répondait :

« Mais rien, mais rien, ma fille ! Rien n’a changé. »

Il y croyait toujours, pour le moment. Ma mère était toujours à la maison avec moi et mon petit frère, Ahi, qui avait 7 ans.
Notre vie allait commencer à changer.

C’est la première fois, également, que j’avais remarqué quelque chose d’étrange.
Cet après-midi là, il faisait très beau, et j’étais descendue jouer dans le jardin. Le jardin se trouvait en effet en contrebas de la maison. Mon frère était resté à cette dernière avec ma mère, et mon père était parti travailler. Je courrais après un papillon que je trouvais magnifique. Je n’ai pas regardé où je mettais les pieds, et j’ai trébuché sur une pierre.
Ca faisait très mal. J’ai regardé mon genou droit avec horreur : La peau s’était arrachée, et je saignais. Je voulus crier pour appeler de l’aide, mais je me suis évanouie.

Lorsque j’ai rouvert les yeux, je me sentais transportée par quelqu’un. Une fois arrivé près de la maison, il me posa, et il appela à l’aide. Je me retournais pour le chercher du regard, mais il n’était plus là. Ma mère sortit alors en trombe, et elle me vit. Elle m’amena alors dans mon lit, me soigna, me posa plein de questions. Mais je ne pensais qu’à la personne qui m’avait aidée… Qui était-ce ?



Automne 1940

En Octobre, le maréchal Pétain a rencontré Hitler.
Je ne comprenais pas pourquoi, mais depuis lors, l’attitude des gens envers nous était de plus en plus méprisante. Mon père était souvent dehors, très tard, tandis qu’il restait à la maison dans la journée. Je ne comprenais pas pourquoi il n’allait plus travailler. Il y avait des affiches partout, dont certaines qui annonçaient des exécutions d’otages, à cause d’individus qui abattent des Allemands. Nous n’habitions pas dans la ville voisine, mais il nous arrivait d’entendre des coups de feu.

Maman nous avait cousu des étoiles jaunes sur les vêtements, avec l’inscription Juif dessus. Lorsque je l’ai vue faire ça sur mes vêtements, je lui ai demandé :

« Pourquoi tu mets des étoiles sur nos vêtements ?
-C’est bien ce que je me demande…
-En tout cas, je trouve ça joli ! Et puis, on montre qu’on est Juif, sans honte ! » ajoutai-je avec fierté.

Je n’avais pas compris pourquoi à ce moment-là, mais son regard était empreint de tristesse.
Un soir, papa n’est pas rentré. Malheureusement, il ne rentra plus jamais…
Le lendemain, lorsque nous étions partis faire des courses, moi, ma mère et mon frère, je vis des affiches. Elles affichaient maintenant le nom du coupable du meurtre d’un officier allemand, celui de mon père. J’ai regardé l’affiche avec curiosité, puis j’ai dit à Maman :

« Regarde, regarde l’affiche ! »

Ce qu’elle fit. Elle pleura toute la soirée. Le monde me paraissait incompréhensible, depuis un certain moment.


Début Novembre, un camion est venu à la maison. Des soldats en sont descendus. Ils parlaient une langue avec des accents durs, crus. Maman, Ahi et moi, étions sortis. Elle leur répondit :

« Désolée, mais je ne comprends pas. »

Alors, un des hommes parla aux autres, toujours dans la même langue, et il s’avança :

« Madame, nous fous ordonnons de prendre fos affaires et de bien fouloir nous suivre.
-Avec les enfants ? demanda t-elle.
-Ja, répondit l’officier.
-Bien… Où allons-nous ?
-Fous le saurez en temps foulu.
-Bien, bien…
-Fous afez une demi-heure. »

L’homme repartit parler la langue brute avec ses camarades. Son accent français nous faisait rire, mon frère et moi, mais nous avions immédiatement cessé lorsque nous avions vu son regard mauvais dirigé vers nous.

Quelques heures plus tard, nous étions dans une espèce de grand bâtiment. Ma mère demanda à quelqu’un où nous nous trouvions, on lui répondit :

« Drancy.
-Ah ? Que faisons-nous ici ?
-Je ne sais pas. Nous sommes beaucoup. Il y a aussi une bonne partie d’Allemands… Armés, bien entendu. »

Les conditions de vie étaient déplorables, à Drancy. Nous n’avions que des couchettes, nous n’étions que très peu nourris et on s’ennuyait à en mourir.
Mais un jour, quelque chose changea. Deux semaines environ s’étaient écoulées lorsqu’un train est arrivé. Les Allemands nous ordonnèrent de monter, ce que nous fîmes. Les premières neiges tombaient lorsque nous sommes rentrés dans un wagon obscur.

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Nuit
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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   22.04.09 2:55

C'est bon, c'est bien raconté, je vois beaucoup moins cette impression de "résumé" que je te reproche souvent. Même si le sujet ne me convient guère (ma claque des juifs et ma claque des martyrs, alors les martyrs juifs, brr...), l'histoire me semble quand même intéressante, et en parlant d'histoire, on dirait que tu as bien étudié. Razz
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Maro
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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   22.04.09 13:08

Tu te lances dans quelque chose de fort complexe et interessant, Laurent.

Si tu veux des conseils sur la période, envoie-moi un message n'importe quand...
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Akuma
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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   22.04.09 15:22

Futur historien Diaboluv
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Diabolo
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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   22.04.09 15:47

Mmm, crédibilité.

*sort*

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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   22.04.09 16:28

Vraiment bien écrit et comme l'on dit les autres, on voit que tu as bien fait attention à pas nous raconter de conneries. I love you

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Orhyzon
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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   22.04.09 17:00

Et nous on apparait quand ? I love you Monamivoilàunecorde

Ouaip, c'est très bien écrit tout ça oO
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Diabolo
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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   22.04.09 17:10

Orhyzon a écrit:
Et nous on apparait quand ? I love you Monamivoilàunecorde

Jamais. Razz

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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   22.04.09 21:52

J'étais désespéré. Les nazis nous battaient, nous fouettaient, nous faisaient travailler toute la journée. La nuit, je ne pouvais pas dormir - les cris de mes camarades me tenaient éveillé. Éveillé et larmoyant. Je pensais que ce cauchemar ne finirait jamais. Jusqu'au jour où ILS sont arrivés ...

Diabolo *débarquant avec une grosse mitrailleuse* : J'ai entendu dire qu'il y avait un peuple opprimé ici ?!

Addun *avec deux gros Desert Eagle* : LES MÉCHANTS AU BÛCHER !

Les deux héros butèrent tous les nazis puis les Twulipiens installèrent plusieurs commerces et modifièrent le système d'éducation de la terre, les différents Empires apportèrent chacun de nouvelles connaissances aux humains, leur apprenant que la guerre c'est pas bien c'est méchant parce que c'est pas gentil, et tout le monde il vécut heureux et il a beaucoup d'enfants, YEAH !
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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   22.04.09 21:55

qui sa (pour les enfant) addun et diabolo
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Diabolo
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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   23.04.09 10:07

Nuit a écrit:
J'étais désespéré. Les nazis nous battaient, nous fouettaient, nous faisaient travailler toute la journée. La nuit, je ne pouvais pas dormir - les cris de mes camarades me tenaient éveillé. Éveillé et larmoyant. Je pensais que ce cauchemar ne finirait jamais. Jusqu'au jour où ILS sont arrivés ...

Diabolo *débarquant avec une grosse mitrailleuse* : J'ai entendu dire qu'il y avait un peuple opprimé ici ?!

Addun *avec deux gros Desert Eagle* : LES MÉCHANTS AU BÛCHER !

Les deux héros butèrent tous les nazis puis les Twulipiens installèrent plusieurs commerces et modifièrent le système d'éducation de la terre, les différents Empires apportèrent chacun de nouvelles connaissances aux humains, leur apprenant que la guerre c'est pas bien c'est méchant parce que c'est pas gentil, et tout le monde il vécut heureux et il a beaucoup d'enfants, YEAH !

Tu oublies juste une chose : Yurius qui fait déconner les bourses pour se ramasser plein de fric! geek

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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   23.04.09 14:17

+ Diabo(lol) Monamivoilàunecorde
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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   14.05.09 20:52

Hiver 1940

Ma mère et moi pleurions dans l’obscurité du wagon. Le train roulait depuis plusieurs jours déjà, mais nous n’avions pas été nourris.
Nous pleurions la mort d’Ahi. Un matin, il ne s’est pas levé. Nous avions bien tenté de le réveiller, en vain, bien sûr. Il s’était transformé en squelette en si peu de temps… Il me manque tellement…
Il n’était pas le seul à avoir rendu le dernier soupir dans le wagon, ni même dans le train. Tout le monde se demandait où on allait.
Un jour supplémentaire passa lorsque le train s’arrêta enfin. La fatigue pesait sur nous tous.
Nous fûmes accueillis froidement par des hommes en chemises noires, et par un autre muni d’une badine, qui nous touchait avec et nous répartissait en deux groupes. J’étais soulagée d’être dans le groupe de ma mère. L’autre groupe partit, accompagné d’une escouade armée. Quelqu’un, en chemise noire, nous adressa alors la parole :

« Désshabillez-fous, et laissez fos bagages ici. Fous allez prendre une douche. »

Tout le monde protesta au début, mais les armes pointées sur nous ne nous donnèrent pas le choix.

« Fous ferez ce que che fous dit. »

Il avait raison, car tout le monde a obéi. Des soldats, toujours habillés de noir, récupérèrent nos effets personnels. D’autres nous conduirent à un nouveau bâtiment.

« Foici les douches. Entrez. »

Tout le monde s’exécuta, je suivais ma mère. J’entendais une voix qui disait Non… Non, n’y va pas… Je ne comprenais pas. Qui me parlait ?
Non loin de la porte, je ne pus plus avancer. Je voulais avancer, mais mes pieds ne répondaient plus.

« Schnell, Schnell ! »

On me poussa, mais rien à faire, je restais clouée au sol. Je regardais l’homme qui m’avait poussée dans les yeux avec un air de totale incompréhension.

« Sale petite… ! Tu m’as regardé dans les yeux ! Insolente ! »
-Mais je… »

Ma mère fut retenue par des soldats, l’individu que j’avais regardé sortit un pistolet et me le colla sur le front.

« Va en enfer, race inférieure ! »

En un instant, son arme tomba au sol. Tout le monde me regardait, mais je n’avais pas bougé. C’était à n’y rien comprendre. Un gradé s’adressa à l’homme qui avait voulu me tuer, qui ramassa son pistolet et le rangea. J’étais soulagée, mais ils emmenèrent ma mère dans la douche. On me donna des habits déchirés, ayant prit les miens auparavant. L’officier me guida vers un grand bâtiment blanc avec la mention Krankenhaus.

Il me fit m’asseoir sur un banc, et fit un geste qui signifiait clairement attend ici. Puis il est parti.

L’endroit ressemblait à une clinique, je me demandais pourquoi on m’avait amené ici. Un monsieur m’ouvrit la porte de la salle d’attente, me sourit, et me fit entrer.

C’est ce que je fis. La pièce était plutôt spacieuse, mais la première chose que je vis me donna envie de vomir. Il y avait une table d’opération maculée de sang, ainsi que ses alentours. Lorsque je voulus faire demi-tour, l’homme se mit dans mon chemin, et montra la table d’opération d’un air sévère en me parlant dans cette langue que je ne connaissais pas.
Je le regardai d’un air apeuré, demandant par ce biais de l’aide. Il m’assomma avec un objet contondant.

Lorsque je me suis réveillée, je sentis une odeur de sang chaud. Paniquée, je vis que j’étais sur la table d’opération. Je regardais mon ventre, rapidement. Heureusement, il n’avait rien. Un scalpel était posé à côté de moi, ainsi qu’un bocal contenant une bête inconnue. Je préférais ne pas la regarder.
Je cherchais la source de l’odeur de sang, quand je vis l’allemand étalé par terre, baignant dans son sang. Je ne pus retenir mon cri, et je me mis à pleurer.

Des hommes frappèrent la porte à plusieurs reprises. Elle était donc encore fermée, je me demandais qui avait bien pu tuer le médecin si personne n’était rentré…

Des adultes vêtus de noirs enfoncèrent la porte, j’en reconnus quelques-uns parmi eux, certains nous avaient accueillis. L’un d’entre eux rentra, l’arme pointée sur moi, et balaya la pièce du regard. Il sembla jurer lorsqu’il vit le cadavre de son collègue. Il me regarda, et cria, si fort que je me remis à pleurer. Mes sanglots ne firent qu’accroître sa colère, il s’approcha, colla son pistolet-mitrailleur sur mon front, prêt à tirer. Je hurlai de terreur.

Un jeune homme, vêtu de noir lui aussi, mais beaucoup moins effrayant, apparut, sorti de nulle part. Il mit un crochet à celui qui me menaçait, lui arracha l’arme des mains et lui cribla le crâne de balles. Je sanglotais sans arrêt, choquée par tout ce sang, et terrifiée d’être passée si prêt de la mort.

Il tua un second officier, le troisième réagit en lui tirant dessus. Le mystérieux individu disparut alors, les balles avaient été tirées en ma direction. Je ne savais pas comment, mais je fus jetée à terre. Alors il réapparut, l’arme à la main, et le troisième allemand tomba.

J’étais recroquevillée sur le sol, tremblante, je rampais pour essayer de m’échapper ; mais il m’attrapa.

« Non, non, laissez-moi ! pleurnichais-je.
-Il ne t’arrivera rien, me répondit-il dans ma langue, ce qui me surprit, en se forçant à sourire pour me rassurer.
-Si ! Vous allez me faire du mal !
-Je ne te ferai jamais de mal. »

Je le regardai avec des yeux ronds. Les siens étaient violets, et reflétaient une sincérité non-feinte.

« Monsieur… Je ne vous connais pas…
-Moi, je te connais. Cela fait longtemps que je suis avec toi.
-C’est vrai ? Alors pourquoi je ne vous ai jamais vu ?...
-Cela importe peu. Viens. »

Il me tendit la main, et m’aida à me relever. J’étais trop abasourdie par les derniers évènements pour marcher. Il me regarda avec un air désolé :

« Monte sur mon dos, je vais te porter.
-Je vais bien, balbutiais-je difficilement.
-Non, tu ne vas pas bien. Laisse-moi t’aider, tu peux me faire confiance. »

Je lui lançais un regard méfiant, avant de marmonner :

« Vous êtes un homme en noir. Vous êtes méchant.
-Je ne suis pas comme eux. Je ne t’ai pas sauvé pour rien.
-Vous m’avez peut-être sauvée pour me faire du mal après…
-Loin de moi cette idée. Allez, monte sur mon dos, vite. »

Il se baissa pour que je monte sur son dos. Je ne savais pas pourquoi, mais je sentais que je pouvais lui faire confiance. Je me hissai sur son dos, et joignis mes bras au niveau de son cou, et mes jambes autour de sa taille.

« Tu es bien accrochée ?
-Oui. »

Il me transporta à travers le camp. Les coups de feu partaient, nous frôlaient, mais lui ne s’arrêtait pas. J’avais la tête dans ses cheveux gris, et malgré le bruit environnant, je me sentais en sécurité. De temps à autre, j’entendais son arme cracher des balles.
Nous nous éloignions du bruit, et je m’endormis.

~

Nous étions sortis du camp. Je portais Aviva sur mon dos, et elle dormait paisiblement. Je semais tant bien que mal les Allemands qui nous poursuivaient, et je finis par y arriver, mais malheureusement je m’étais perdu. J’étais à l’orée d’un bois, et décidais de m’y enfoncer, afin de monter un petit camp. Je déposais Aviva sur un tapis de feuille, et sourit en la regardant dormir. Elle était si mignonne. Ensuite, je me mis au travail pour faire un feu.

~

A mon réveil, j’entendais un feu crépiter. Je me redressais, et vis l’homme assis prêt du feu. Je repensais soudain à ma mère, et fus prise de panique.

« Où est maman ?
-Au camp, elle n’est pas sortie.
-Elle va revenir ?
-Je ne crois pas.
-Pourquoi ?
-Je ne sais pas.
-Vraiment ? insistais-je.
-Elle est… Très occupée. » lâcha-t-il enfin.

Il regardait les flammes, et moi je le regardais. Il paraissait plus vieux que moi, vers les dix-huit ans. Il était tout de noir vêtu, ses cheveux reflétaient la lumière des flammes grâce à leur couleur argentée. En voyant mon regard sur lui, ses yeux se tournèrent dans ma direction, lueurs violettes qui me fixaient.

« Comment vous appelez-vous ? demandais-je.
-… Je n’ai pas réellement de nom.
-Vous voulez peut-être que je me présente d’abord ?
-Mais je t’ai déjà dit que je te connaissais, Aviva.
-Je… Comment me connaissez-vous ?
-Assied-toi. »

Il était assis sur un tronc d’arbre, et me désignait ses genoux. Je fis ce qu’il me demanda. Une fois sur ses genoux, mes jambes ne touchant plus le sol, il commença :

« D’abord, sache que je ne suis pas tout à fait humain…
-Vous êtes un monstre ? »

Il sourit à cette remarque enfantine, et me répondit :

« Je ne sais pas. Pas un monstre, en tout cas. Un lutin, un esprit, quelque chose du genre, j’imagine…
-Pourtant, vous n’êtes pas petit avec un bonnet vert ! »

Il rit de bon cœur, tandis que je ne comprenais pas pourquoi.

« Je ne suis pas un lutin, alors, rétorqua t-il en me souriant. Je te connais simplement parce que je te suis depuis de nombreuses années.
-Mais… Je ne vous ai jamais vu.
-J’étais… Caché dans ton ombre. »

Il avait eu de la chance que je sois encore jeune, car sinon, je n’y aurais jamais cru.

« C’est vous qui m’aidiez sans vous faire voir, alors ?
-Oui, tout à fait.
-Vous êtes très gentil ! »

Il me décocha encore un sourire. Je le trouvais très rassurant.

« Tu peux me tutoyer, tu sais.
-Pourquoi est-ce que vous…
-Tu, me reprit-il.
-Oui, pourquoi tu es dans mon ombre ? questionnais-je, pleine de curiosité.
-Je ne sais pas. Je ne sais même plus quand est-ce que je m’en suis rendu compte. Mais je me suis dit que tant qu’à être coincé, je pourrai te protéger…
-Tu es coincé ?
-Oui. Je ne peux pas m’éloigner à plus de plusieurs mètres de toi.
-Tu as déjà essayé ?
-Au début, oui. Mais maintenant, je n’ai plus envie de partir.
-Pourquoi ?
-Et bien… »

Il paraissait gêné, et je ne comprenais pas encore pourquoi.

« Ca fait longtemps que je suis coincé, je me suis attaché à toi. Tu comprends ?
-Tu me considères comme une amie ?
-Plus que ça, j’imagine.
-… Comme une petite sœur ? »

Il fut surpris par cette idée, mais il acquiesça lentement.

« Oui, c’est peut-être ça.
-D’accord ! Mais je ne connais toujours pas ton nom…
-Donne-moi le nom que tu veux, ça ne me dérange pas.
-Hmm… » Je réfléchissais. « Ombre !
-Ce n’est pas compliqué, au moins, me dit-il en souriant. Donc, je me présente : Je suis Ombre.
-Mais je sais qui tu es ! m’énervais-je, d’une colère d’enfant qui le fit sourire.
-Oui, Aviva, tu le sais. Tu n’as pas beaucoup dormi, je t’ai réveillé avec le feu. Demain, on va devoir trouver à manger, alors va te reposer. Je monte la garde, ne t’inquiète pas.
-Tu ne dors pas ?
-Je n’en ai pas besoin.
-D’accord… »

Je regardais les habits lamentables dont j’étais pourvue, et je grelottais de froid sur le sol tout aussi frais. Il me couvrit avec une veste qu’il avait récupérée dans le camp.

« Dort bien. » me souffla t-il en m’embrassant sur le front.

Je sombrais dans les brumes du sommeil.

~

La forêt était plutôt tranquille, si on faisait exception de la faune, de la flore, et du paisible souffle d’Aviva. Je mourrais d’envie d’arrêter de surveiller, et de la regarder dormir, son doux visage immobile. Je me surprenais à penser des choses étranges, et décidais de me concentrer sur ma tâche. Le soleil se leva bien assez tôt.

~

Une voix m’appelait. Je la reconnus immédiatement : C’était Ombre.

« Aviva… Réveille-toi… »

Je ne répondais que par de vagues marmonnements, mais il insistait.

« Allez. Nous devons aller chasser.
-Grmbl… Vas-y sans moi…
-Tu sais bien que je ne peux pas, sinon je t’en priverai bien. »

Je soupirais.

« Bien, allons-y, alors… Mais comment tu veux que je te suive ? Tu cours bien plus vite que… »

Avant que je ne finisse ma phrase, il s’accroupit et me présenta son dos. Je bondis joyeusement sur ce dernier, et m’agrippait à son cou.

« Profite bien… Quand tu grandiras, ça sera différent, me souffla t-il.
-Je veux pas grandir ! »

Je ne voyais pas son visage, mais je me doutais bien qu’il souriait. Je ne comprenais pas pourquoi il souriait quand j’étais sérieuse.
La chasse fut bonne : Nous avions plein de viande lorsque le soleil était au plus haut dans le ciel, et nous pourrions en remanger le soir. Ombre refusa que je cueille des champignons, car il ne savait pas lesquels étaient toxiques et lesquels ne l’étaient pas.
L’hiver étant peu propice au voyage, nous avons passé ce dernier dans ce bois. Nous nous étions assurément liés d’amitié, peut-être même de fraternité, et je lui faisais entièrement confiance. Ce qui était plutôt normal, puisque je lui avais d’ores et déjà confié ma vie.

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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   14.05.09 21:38

P'tain les moustachus dans ton histoire ils déconnent pas, les douches dès 1940, on perd pas de temps ! oO Et d'ailleurs, il me semble que les camps de concentration concernés par ces histoires de douches étaient plutôt réservés aux Polonais... Il va falloir que je révise mon histoire. ;_;
Sinon, ce chapitre est meilleur que le premier. Je suis presque tout à fait débarrassé(e) de cette impression de "résumé" que j'avais auparavant. Tu vas en t'améliorant, bb ! Et d'ailleurs, l'histoire est intrigante. Moi qui m'attendait à un banal récit historique, me voilà rassuré(e). Chaton Nuit!
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Diabolo
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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   14.05.09 21:49

Le plan final a été appliqué avant la seconde guerre, ou juste après ses débuts, si je me souviens bien. Donc, c'était déjà la douche de la mort...
Non, les Juifs y passaient. Pas que les Polonais, puisque les trains amenaient plein de monde, mais Auschwitz, c'est en Pologne. Les plus gros camps étaient en Pologne.
Et le réalisme, c'est pas du tout mon truc. Le fantastique et la S-F, je préfère. <3

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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   14.05.09 22:17

Ah non, je sais que les Juifs y passaient, c'était bien le but. En disant Polonais, j'incluais les juifs polonais dans le tas x) (et ils étaient pas mal si je me souviens bien). Bref, merci de m'éclairer. ^^
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MessageSujet: Re: L'ombre d'une guerre   15.05.09 15:30

*sort une lampe-torche*

Ah? C'est pas ça éclairer? Mince alors.

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